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Jouer en famille

Qu’il s’agisse d’un quatuor de golfeurs ou de 400 joueurs, le sport familial est l’occasion de rapprochements et d’échanges mémorables.


Retour en arrière, fin 1977 dans la municipalité de la Rivière des Français, au sud de Sudbury, Ontario. Le petit village de Noëlville – bien nommé pour ce temps de l’année – ne compte que 2 600 âmes sur un territoire de 735 kilomètres carrés, mais il s’agit d’une collectivité tissée serré.

La veille du Jour de l’An, la famille Mayer défie la famille Carrière au hockey.

« C’était juste une petite compétition amicale, pour le plaisir », se souvient Mike Mayer, dont le père, Claude, était parmi les fondateurs du tournoi. « On s’est tellement amusés qu’on a voulu partager ça avec la communauté. Et ça a décollé, une folie! »

Aujourd’hui, le tournoi de hockey compte 32 équipes d’une quinzaine de joueurs et est devenu l’une des activités annuelles les plus attendues du calendrier local.

Cela dit, l’événement n’est pas aussi imposant que la compétition de softball organisée par les familles de Noëlville quelques années après ce match de hockey inaugural. Chaque été, une centaine d’équipes s’y mesurent.

Ces tournois de hockey et de softball, ininterrompus depuis la fin des années 1970, sont si populaires qu’on les mentionne sur Wikipedia. Claude Mayer, initiateur du phénomène, s’est rendu compte au fil des ans que ses enfants, maintenant adultes, aimaient aussi le golf.

Le benjamin, Mike, avait pris l’habitude de réunir une vingtaine de personnes sur le parcours local, le lendemain du tournoi de softball. Il n’en fallait pas plus pour convaincre les familles d’ajouter un tournoi de golf à leur calendrier annuel.

L’événement a lieu depuis quelques étés au The Maples Golf and Sports Club de Noëlville.

Le tournoi de golf familial de Noëlville attire des concurrents de tout âge, des bambins aux séniors.

Le Tournoi de golf familial de Noëlville se déroule sur un parcours « Tri-Par », c’est-à-dire à trois normales, le premier terrain au monde conçu de cette façon, selon le club. Les trous étant tous dotés de plusieurs tertres de départ, chacun peut se jouer comme une normale 3, 4 ou 5. D’après le site Web du club, il existe 387 420 489 combinaisons possibles pour les rondes de 18 trous, avec normales de 54 à 90.

Mike Bouffard, propriétaire du club The Maples, dit que 40 golfeurs ont concouru l’été dernier, mais il croit qu’un plus grand nombre se présentera à l’avenir. Quelques règles dictent toutefois la participation aux tournois familiaux de hockey et de golf, notamment celle à l’effet que les compétitions sont ouvertes aux descendants des premiers participants, mais seulement jusqu’à la septième génération.

« Il y a beaucoup de rivalités, ajoute Bouffard en riant. La fierté de la famille est en jeu. Surtout au hockey, quand deux familles qui ne s’aiment pas trop s’affrontent, la compétition est féroce. Au golf, par contre, tout le monde s’amuse. C’est une façon de souder les liens familiaux. »

« C’est comme ça que les choses se font, par ici, dit-il. Les familles veulent se réunir, c’est une occasion de retrouvailles. Le tournoi de golf a lieu la fin de semaine de la fête des Pères, on n’aurait pas pu trouver mieux. Tout tourne autour des liens de famille. »

Les rassemblements de famille font partie d’innombrables tournois de golf traditionnels, que ce soit dans un village ontarien ou dans la plus petite province du pays, comme en fait foi la Classique familiale de golf Kenmac Energy de l’Île-du-Prince-Édouard.

Dan MacIsaac, qui a fondé la société Kenmac Energy Inc. en 1986, commandite la Classique familiale de golf depuis 30 ans. Il a grandi au sein d’une famille de 10 enfants juste à côté du club hôte, le Belvedere Golf Club, et le parcours a toujours été un élément important de sa vie.

Date majeure du calendrier social de Charlottetown, le tournoi de juillet rassemble les familles année après année.

« On ne compte plus les merveilleux souvenirs nés à cette occasion, déclare MacIsaac. C’est extraordinaire de voir des séniors jouer avec des rejetons de troisième génération. Je m’amuse à observer chaque été la nouvelle cohorte d’enfants qui se préparent à leur premier tournoi. »

MacIsaac ajoute que des prix sont remis aux vainqueurs de chaque division, comme un sac de golf tout garni aux enfants de 13 ans et moins, et un bois de départ à ceux de 14 à 18 ans. Pour les parents, il y a un tirage pour deux rondes de golf et deux nuits à Cabot Links.

Mais le tournoi n’est pas seulement une occasion pour les familles de se réunir autour le leur sport favori, c’est aussi un outil d’expansion du golf. Et tout comme les Mayer et Carrière de Noëlville, à 1 800 kilomètres de là, les familles qui participent à la Classique Kenmac Energy ont hâte d’y revenir chaque été pour partager avec la nouvelle génération leur plaisir de jouer au golf.

« J’adore regarder les enfants jouer à ce sport que j’aime, se faire de nouveaux amis et apprendre des compétences de vie sur le parcours, explique MacIsaac. Il n’y a rien de plus agréable, pour un grand-père comme moi, que de déposer mes petits-enfants au club de golf le matin pour qu’ils s’amusent avec des copains toute la journée, comme moi à leur âge.

Je me suis engagé à commanditer cette journée de golf familial jusqu’à ce que je puisse jouer avec mon plus jeune petit-fils qui a sept ans, soit encore trois ans. On a eu tellement de plaisir, au fil des années, en cette journée de juillet. »

Qu’un tournoi de golf soit la conséquence d’une longue rivalité familiale amorcée la veille du Jour de l’An sur une patinoire de hockey, ou qu’il s’agisse de la volonté d’un homme de redonner au club de golf un peu de ce qui a tant fait vibrer son enfance à Charlottetown, la conclusion à tirer de ces exemples est que la solidarité des familles alimentera la prospérité du golf pour longtemps encore.


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Cet article a été publié dans l’édition Familles au jeu du magazine Golf Canada. Pour lire l’article dans le format original, cliquez sur l’image.

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